Courage ou inconscience ? C'est dans un ancien fief des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) que la candidate à la présidentielle est capturée le 23 février 2002, lors d'une tournée électorale près de Florencia, à 600 km au sud de Bogota, dans la région de San Vicente del Caguan.
Les autorités l'avaient pourtant dissuadée de prendre la route en raison de nombreux barrages dressés par les rebelles marxistes dans cette région, dont l'armée venait d'entreprendre la reconquête après l'échec de négociations de paix entre les FARC et le président Andres Pastrana.
Ingrid Betancourt, qui avait réclamé en vain d'emprunter un hélicoptère de l'armée, avait poursuivi son déplacement en voiture, malgré le retrait des gardes du corps octroyés par le gouvernement. Pour l'ancien otage, enlevée en compagnie de sa directrice de campagne Clara Rojas, l'Etat a commis une "faute" en ne garantissant pas la sécurité d'une candidate à la présidentielle.
Alertée du danger
"S'ils ne m'avaient pas repris les gardes, nous n'aurions jamais été séquestrées", a-t-elle réaffirmé lors d'un entretien accordé à un hebdomadaire colombien à l'occasion des 10 ans de son enlèvement. Le gouvernement colombien assure de son côté que cette dernière avait à l'époque signé une décharge dans lequel elle reconnaissait effectuer ce déplacement à ses risques et périls.
"C'est elle qui a pris la décision de continuer", a affirmé l'ancien conseiller présidentiel Camilo Gomez, assurant qu'elle avait été avertie "à plusieurs reprises", tout comme d'autres candidats. Une version que nie formellement l'intéressée. "Qu'ils arrêtent de raconter des histoires avec ce document", a-t-elle à nouveau dénoncé dans sa récente interview.
Après sa libération, Ingrid Betancourt se souvient seulement d'un texte concernant la remise d'un véhicule officiel pour son trajet. En revanche, Clara Rojas se souvient que, la veille de son enlèvement, les autorités lui avaient envoyé plusieurs fax pour l'alerter du danger.
Déterminée, l'ex-candidate à la présidentielle avait réclamé en juillet 2010 à l'Etat une indemnisation de 8 millions de dollars, avant de faire machine arrière face au tollé général. "J'ai réclamé les droits que prévoyait la loi et c'est moi qui suis un monstre, une criminelle", a-t-elle déploré.

























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